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Des scouts en pays khmer : rencontres avec des enfants

Partir à 19 au Cambodge, pour découvrir le pays et y rendre service, demande un gros investissement de temps d’énergie et d’argent. Le projet mit 6 mois à mûrir et il fallut encore un an pour le préparer de manière concrète. Enfin les Routiers SUF du Clan Saint Louis purent concrétiser ce rêve et s’envoler pour le Cambodge.

Dès que le camion arrive, tout le monde se jette dessus pour essayer de rapporter les ordures les plus " intéressantes "

Le camp commence par une dizaine de jours de tourisme. Notre premier contact avec le Cambodge est étrange : nous sautons d’un monde ultramoderne, dont la dernière émanation est l’aéroport, à un univers de pauvreté. La vue d’enfants faméliques allongés sur les trottoirs nous laisse sans voix. Nous consacrons quelques jours à Phnom Penh. La capitale est pauvre, bruyante, poussiéreuse, mais paradoxalement pleine de vie, et de joie. Les moto-taxis font notre bonheur en tout cas, et c’est bientôt à trois que nous montons dessus.

Comme tous les matins, c’est plus de 250 enfants qui sont nourris sur la décharge. Des premiers soins de base leurs sont également administrés.

L’étape suivante est Siem Reap, ville située à proximité des temples d’Angkor, si chère au cœur de Malraux ... et au nôtre maintenant ! Le voyage (300 km) s’effectue en bateau et dure six heures. Par train, il nous aurait fallu vingt heures ! Le lendemain de notre arrivée, nous commençons la visite des temples. Ils se suivent mais ne ressemblent pas. Difficile de ne pas être stupéfait devant les bas-reliefs du Bayon. Difficile de ne pas s’émerveiller devant la splendeur d’Angkor Vat. On est étonné de la finesse de Bantey Chmar, de la brutalité de Ta Keo. Quoi qu’il en soit, le contraste entre la puissance de l’antique civilisation khmère et la pauvreté du peuple actuel est saisissant.

L’accueil des enfants se fait sous la paillote spécialement construite pour l’occasion, elle permet de se protéger du soleil pendant la saison sèche et de la pluie pendant la période des moussons.

Pour terminer la partie touristique du camp, nous nous rendons à Sihanoukville (du nom du souverain du Cambodge), sur la côte. Le site est magnifique, les plages paradisiaques, la mer chaude .... le rêve ! Décidément, le tourisme est un des atouts majeurs d’un Cambodge qui veut sortir de la misère.

Pour tous ces enfants, travailler sur la décharge est le seul moyen de subvenir à leurs besoins.

Voilà dix jours que nous sommes là, et il est temps de passer à la seconde partie du camp, celle que nous avons préparé le plus intensément et qui a fédéré l’ensemble de nos énergies. Après avoir goûté à la beauté et à l’exotisme du pays, nous avons pu découvrir ces enfants, et les plus pauvres d’entre eux en particulier. Ces enfants démunis, nous ne les avons vus jusqu’alors que traîner et mendier dans la rue ; nous allons maintenant faire l’expérience de la grandeur de leur détresse mais aussi de leur joie et de la volonté de certaines personnes de les aider à ssortir de la misère.

Pendant les camps, tout est mis en œuvre pour apprendre aux enfants à revenir vers une vie hors de la décharge. C’est dans cet esprit que ces enfants prennent leur douche.

La découverte de la décharge a été une expérience éprouvante pour chacun d’entre nous, toute aussi bouleversante que celle des enfants que PSE (Pour Un Sourire d’Enfant) accueille. Cette décharge est à la fois un lieu de vie et de mort pour ces enfants. C’est un lieu de vie parce que leurs habitations sont à moins de vingt mètres de la décharge et parce que c’est dans cette décharge qu’ils trouvent les quelques morceau de cartons qu’ils revendent pour un maigre repas. C’est également un lieu de souffrance et mort à cause des conditions de vie et de travail effroyables qui parfois conduisent à la mort des plus faibles ou des plus malchanceux. C’est sur cette décharge que s’est implanté pour la première fois PSE en procurant un repas à ces enfants. La deuxième étape, plus longue à mettre en place, a permis de scolariser une grande partie de ces enfants.

La gymnastique est également un des moyens pour retrouver cette hygiène de vie.

Dès la première journée, le contact avec les enfants (les pensionnaires en tout premier lieu) s’avère très chaleureux et très simple, malgré la barrière de la langue - vite franchie par le jeu. Notre mission durant ces deux semaines est d’organiser des camps d’une semaine, regroupant environ cent cinquante enfants, pour offrir des vacances aux enfants de la décharge. Notre expérience du scoutisme, des camps et de l’animation en général nous est très utile pour la bonne réussite de ce projet. Le soir de notre arrivée nous permet de faire connaissance avec les Scouts de France de Meudon (déjà sur place) et les animateurs khmers, adorables. Ces animateurs khmers assurent également un rôle d’interprète an plus de leur rôle d’animation. Leur disponibilité et leur volonté de nous faire partager leur culture est pour beaucoup dans la bonne marche de ces deux semaines, bien des erreurs et des maladresses ont pu être évitées grâce à leur présence.

La veillée est toujours un succès et les enfants sont très contents de pouvoir y participer.

Lundi matin les enfants entrent à PSE ! Ils sont vites répartis par groupes, ce qui permet aux équipes d ‘animation, composées d’un Khmer et de deux Français, de faire connaissance avec eux. Nous lançons rapidement les activités, les premiers jeux, les premiers rires aussi ... Les enfants, toujours partant dans tout ce qui leur est proposé, sont d’une facilité étonnante ce qui contraste avec le côté " un peu blasé " de beaucoup des petits français que nous avons l’habitude de côtoyer.

La joie de ces enfants est sans doute la meilleure des récompenses qu’il nous a pu être donné de recevoir.

L’association PSE ne prend pas seulement en charge les enfants pendants l’été, elle assure une remise à niveau scolaire pour plus de 600 d’entre eux pendant l’année. L’arrivée en masse de tous ces enfants le jour de la rentrée (quelques heures avant de prendre notre avion pour retourner en France), nous a fait mesurer combien cette association était dynamique. De plus en plus d’enfants sont scolarisé et nourris par PSE, c’est là son véritable succès qui mérite d’être soutenu. Nous l’avons fait à notre manière, avec ce que nous pouvions apporter et c’est un service que nous n’oublierons pas.

Dans la mesure du possible, nous avons essayé d’organiser des sorties à l’extérieur de l’association, notamment au zoo de Phnom Penh.

La prière, l’aventure, le service ; ce sont les trois maîtres mots du routier. Ce camp fut fertile des trois. Les deux semaines que nous avons passé à PSE, outre le fait qu’elles ont défilé à toute allure, ponctuées par les veillées (très réussies !), les sorties, et les grands jeux, ont été pour tous une expérience inoubliable (et fatigante !). Il nous en coûte tous de repartir et de replonger dans le train-train quotidien. Ce camp exceptionnel, plein d’aventures et d’impressions fortes, restera gravé dans nos mémoires, et nous emporterons tous en France le sourire de quelques enfants qui nous ont particulièrement touchés.

La sortie en patins à roulettes est toujours un succès, même s’il est parfois difficile de rester en équilibre.

Nous sommes repartis du Cambodge après un mois fantastique, nos bagages remplis de souvenirs, et nos esprits d’espoirs. Aucun d’entre nous n’est près d’oublier ce que nous ont dit les Petites Soeurs de la Charité (Mère Teresa) le jour avant notre départ : "  La misère existe, c’est vrai, et il faut bien l’admettre. Mais il n’est pas interdit de la combattre ! ".

La rentrée des classes est un des moments phares de la vie de l’association.

Jamais ce voyage extraordinaire n’eut été possible sans toute l’aide qui nous a été apportée. Si l’esprit de 19 jeunes parisiens a pu s’ouvrir au monde en étant confronté à la pauvreté la plus complète, c’est notamment grâce au soutien, quel qu’il soit, qui leur a été apporté tout au long de cette année de préparation. A tous ceux qui nous ont aidés, le clan Saint Louis dit, du fond du cœur, " MERCI ! ".

Commission Extra-Municipale des Jeunes de Neuilly sur Seine-
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